Lamborghini, Jaguar… Le coup d’accélérateur de l’automobile de luxe sur l’électrique

18 novembre 2021

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Si vous avez déjà eu l’occasion de vous balader dans les collines encerclant Bologne, au nord-est de l’Italie, peut-être avez-vous croisé sans le savoir des abeilles Lamborghini. Un surnom – il ne s’agit pas d’une nouvelle variété d’insectes ultrarapides – qui leur a été donné car les 13 ruches accueillant ces apidés sont situées dans le Parco Lamborghini. Un parc édifié en 2010 par la prestigieuse marque de luxe, situé à proximité de son usine de Sant’Agata Bolognese, d’où sont sortis 7 430 bolides l’année dernière, afin de compenser une partie des émissions de CO2 du site. « Trois chercheurs de l’université de Bologne étudient leurs comportements pour connaître l’impact de la pollution et des pesticides », souligne un porte-parole de la marque au taureau. Une expérimentation qui s’inscrit dans une démarche plus large, qui a permis à l’entreprise de décrocher dès 2015 un label « CO2 neutre » pour son usine, grâce notamment à la plus grande installation photovoltaïque de la région Emilie-Romagne. 

La course à l’électrification est lancée

Les esprits chagrins pourraient y voir un énième ripolinage en vert, histoire de faire oublier que l’industriel transalpin est d’abord et avant tout un fabricant de bolides dépassant les 700 chevaux et les 300 kilomètres-heure qui atomisent les compteurs de CO2 à la moindre accélération. Et, soyons honnêtes, on serait tentés de leur donner raison. Mais les temps changent. Lamborghini a annoncé l’arrivée d’un modèle tout électrique d’ici à 2027. Et il n’est pas le seul fabricant de « supercars » à virer sa cuti. Depuis le début de l’année, ces derniers rivalisent d’annonces pour montrer à quel point ils sont engagés pied au plancher dans la révolution de l’électrification. Porsche vise ainsi une gamme entièrement électrifiée (électrique ou hybride) à horizon 2030, Rolls-Royce compte mettre au rancart son V12 thermique d’ici à la fin de la décennie, Jaguar fait carrément le pari de devenir une marque 100 % électrique dès 2025, et même le mythe Ferrari a annoncé sa première voiture à batteries pour le milieu de la décennie. 

Un virage à 180 degrés, alors qu’hier encore l’abandon du thermique semblait inenvisageable pour les dirigeants de ces griffes bercés toute leur vie durant au chant des pistons, qu’ils soient en ligne ou en V. « Pour un grand nombre de nos clients, il est impossible d’imaginer une vraie Ferrari 100 % électrique », lâchait encore fin 2019 l’ancien patron de la firme de Maranello, Louis Camilleri. « Le moteur à combustion fait partie de l’ADN de ces marques. Pour elles, passer à l’électrique, c’est un peu comme si on demandait à un fabricant de montres de luxe d’abandonner les mécanismes pour se mettre au digital », analyse Pierre Gerfaux, responsable du secteur automobile chez Accenture. 

Source  : L’Express


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